Celui qui n’en sortait pas indemne: Chaos;Child

Chaos;Child – Mages / PQube
Testé sur: PS4
Lancement: 13 Octobre 2017 (PS4)
Prix lancement : 54.99€

Chaos;Child est un Visual Novel de type thriller faisant suite à Chaos;Head et développé par le studio 5pb, les papa du désormais culte Steins;Gate. Par conséquent l’exigence attendue par les joueurs est on ne peut plus lourde à porter.

Saura-t-il être à la hauteur de son prédécesseur? Trouvera-t-il les ressources suffisantes pour nous faire oublier les péripéties du mad scientist et son laboratoire de gadgets futuristes?
C’est ce que nous allons tenter d’élucider dans ce test!

Once upon a time

L’histoire se déroule dans le quartier de Shibuya à Tokyo, 6 ans après les faits relatés dans Chaos;Head et 5 ans après Steins;Gate, tout se déroule dans le même univers, mais rassurez-vous il n’est pas indispensable de les avoir fait pour profiter pleinement de l’expérience Chaos;Child, disons que c’est un plus.
On y suit les péripéties de Takuru Miyashiro et ses amis, principalement des membres du club de journalisme du lycée Hekiho.

Après un terrible tremblement de terre ayant eu lieu 6 ans auparavant, l’école se prépare pour la grande fête commémorative, comme chaque année. Quand survient alors une série de meurtres violents et emplis de mystères que nos jeunes amis à la fibre journalistique exacerbée ne pourront s’empêcher de tenter de résoudre, mais à quel prix?

Voilà, c’est à peu près avec ceci que commence le joueur, enfin pas vraiment, j’ai omis le plus important.

L’histoire s’ouvre sur une scène relativement anodine, décrivant la soirée d’un jeune homme vivant seul. Il s’agit d’un “streamer” japonais un peu pathétique, qui s’amuse à prédire l’avenir sur le net devant sa caméra. Bref une situation de la vie de tous les jours au cours de laquelle on nous partage des détails sur sa vie passée, ses pensées, ses émotions…

Quand soudain…

*knock * knock knock * knock*

Voici la véritable ouverture de Chaos;Child, une entrée en la matière que nous qualifierons de brutale et bouleversante. Honnêtement, je frémis à chaque fois que j’entends ce frappé de porte si caractéristique.

Fear the reaper

C’est bien là une des grandes forces de ce titre, l’épouvante.
Lors de ce test, j’ai eu la bonne idée de faire mes sessions la plupart du temps aux alentours de minuit. Le résultat se fait ressentir le lendemain après n’avoir pu fermer l’œil de la nuit…

La scénarisation est top moumoute (oui, j’ose), et ça se traduit malheureusement pour le joueur par des scènes de meurtres cruelles et particulièrement dérangeantes, parfois insoutenables.
Et pourtant ça ne nous empêchera pas de continuer à appuyer sur X pour faire défiler les dialogues, puisque nous comprenons assez vite que ce n’est pas essentiellement gratuit. Chaque meurtre apporte son lot d’énigmes, de situations incomplètes dont on se dit que quelque chose ne tourne pas rond, qu’il manque des éléments.
Chaos;Child a quelque chose à raconter, et on veut inlassablement savoir quel nouveau mystère va s’éclaircir ou se troubler d’avantage à l’arrivée de nouveaux éléments.

Quelque chose à raconter? Oui, mais pas toujours

Côté réalisation, on peut regretter certaines longueurs, le jeu se complète en 50 à 60h en fonction de votre vitesse de lecture et de l’exploration (ou pas) des différentes fins.
Ce qui est colossal, alors forcément il y a des passages à vide qui ne viendront que vaguement consolider votre sentiment envers certains personnages, ou pire, la quasi totalité des scènes de delusion sont vide de sens (mais on y reviendra)!
Par conséquent, le rythme en pâtit et on se retrouve parfois (rarement) à survoler des passages tant ils nous semblent interminables et sans grand intérêt.
Et c’est bien dommage quand on voit le travail d’orfèvre des scénaristes, l’enquête est rudement bien ficelée, tout en se dévoilant à un bon rythme, l’intégration d’éléments surnaturel se fait en douceur et certains dialogues sont bien recherchés.

1080p, 60fps, monde ouvert

*Ahem…* Non, évidemment, mais l’ambiance globale se veut ultra réaliste, et de ce point de vue la réussite est totale, nous sommes en parfaite immersion.

C’est ce qui choque dès les premières minutes pad en main, le quartier de Shibuya est remarquablement dépeint à travers les illustrations en arrière plan. On reconnaît aisément la fameuse scramble crossing, ou encore le centre 109 (rebaptisé 107 ici) parmi les exemples les plus connus.

Les décors sont fins, emplis de détails, de même pour les personnages, on les distingue aisément grâce à leur design variés, mais aussi grâce au travail de doublage (intégralement en Japonais), car oui, tous les dialogues ont été doublés.
Le Japon étant déjà à la pointe en la matière, les voix sont à la hauteur de la réputation que s’est forgée l’archipel.
Aucun faux pas, efficace, on retrouve notamment des seiyuu de renoms tels que Minase Inori (Hestia, ou plus récemment Rem!), Mimori Suzuko (Umi Sonoda), Matsuoka Yoshitsugu (Kirito, Romané Conti Betelgeuse), ou encore Uesaka Sumire (Fubuki, Mai Kawakami) pour ne citer que les plus connu/e/s. Beau casting.

Dans cette quête d’immersion s’ajoutent les innombrables références à la culture pop japonaise, bien souvent orientées otaku, ainsi que des expressions utilisées sur le net dont l’utilisation peut parfois faire sourire agréablement.

It’s just a delusion

Abordons maintenant un sujet sensible. Chaos;Child veut introduire une mécanique de gameplay nommé Delusion, et c’est une catastrophe.

Ponctuellement, pendant un dialogue, le jeu nous demande de faire un choix on ne peut plus simple.
Provoquer une action positive, négative, ou tout simplement ne pas agir.
Jusque là, rien de bien méchant.

Sauf que ces Delusion interviennent à des moments inadaptés.
Pendant un dialogue sans intérêt nous devons faire un choix, alors que le dialogue continue sous nos yeux! Ce n’est pas dans l’attente d’une réponse à une question donnée.
Sans en connaître la répercussion, ni l’ampleur, aucune explication.

Alors que vous parlez à un camarade un peu sur les nerfs, vous allez être pris d’un accès de violence et lui casser la nuque en lui faisant un piledriver! Oui, vous l’avez tué.
Juste parce que vous avez choisi l’option négative en voulant le calmer.
La réaction à une Delusion est constamment hors sujet, et extrême.

…Mais ce n’est pas tout!
Vous réalisez alors que vous étiez en train de rêver et que votre choix n’a eu aucune incidence sur votre jeu, car oui, chaque delusion représente la pensée de Takuru à un instant précis.

…Mais ce n’est pas encore fini!
Puisque le jeu vous montre depuis le début que tous ces choix ne servent à rien et ne sont qu’une suite de scènes rêvées par le héros, vous apprendrez beaucoup (beaucoup!) plus tard qu’en définitive, ces choix avaient un intérêt qui ne se manifeste qu’à la fin.
Mais pour des raisons évidentes de spoil, ce sera à vous de découvrir quel en était l’impact.

C’est ce que je reproche au jeu, une mécanique qui aurait pu être la bienvenue, mais introduite de manière tellement maladroite que le joueur fini par penser instinctivement qu’il vaut mieux rester passif, ne devenant inconsciemment plus maître de sa route.

And the beat goes on

Terminons ce test sur une touche plus légère, en chanson.
La cinématique d’intro de Chaos;Child est chantée par Kanako Itou, et cela suffit à titiller ma fibre nostalgique (Hacking to the Gate), un délice.
Et force est de constater que les musiques en général sont globalement accrocheuses et bien choisies, collants à chaque situation avec justesse, pouvant passer d’une ambiance oppressante et anxiogène à la douceur d’une retrouvaille chaleureuse en un instant. Elles permettent au jeu de se forger une identité sonore solide, et c’est avec plaisir que l’on revient dessus, en dépit du thème abordé souvent bien trop sombre.

Conclusion

Vous l’aurez compris, j’ai rapidement été séduit par la narration, c’est ce qu’on attend d’un bon visual novel. Une intrigue haletante aux tournants inattendus, des personnages intéressants, une ambiance riche, et une bonne durée de vie. Le tout sublimé par une sélection musicale millimétrée.
Chaos;Child réussi le pari de passer derrière Steins;Gate dont il devait inévitablement subir la comparaison, et figure dans le haut du panier parmi les visual novel disponibles sur consoles.
Une chose est sûre, vous n’en ressortirez pas indemne.

Il est important de noter que les textes sont intégralement traduit en Anglais, dont le niveau requis est particulièrement élevé, nous vous déconseillons ce jeu si vous ne le parlez pas couramment.

(Ce test a été réalisé à partir d’une version fournie par l’éditeur)

 

 

88

Graphismes

9/10

    Bande son

    8/10

      Jouabilité

      8/10

        Durée de vie

        10/10

          Interet general

          9/10

            J aime

            • Les voix Japonaises aux top
            • L'intrigue
            • Les nombreux clins d’œils
            • Les musiques
            • Une traduction solide...

            J aime pas

            • ...mais uniquement en anglais
            • Les Delusion
            • Des longueurs parfois dispensables
            • Âmes sensibles, s’abstenir

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