Celui qui redécouvrait Windjammers

Windjammers – Data East/DotEmu
Testé sur: PS4Pro
Lancement: 1994 (Arcade), 29 Aout 2017 (PS4, PS Vita)
Prix lancement : 14.99€

Si vous êtes nés aux alentours de ma génération (1979), il y a de grandes chances que vous ayez eu votre premier contact avec une Neogeo sur une borne New Game N’Styl qui proposait souvent plusieurs titres. Du SoccerBrawl, Fatal Fury Special ou Mutation Nation et Robo Army… on se régalait.
Ce n’est pas pour rien que les Snk classics et autre portages ont un tel succès : La NeoGeo est une légende, elle a une aura particulière dans notre mémoire.

Très actifs sur Mobile et PC, DotEmu commence à se positionner de bien belle manière sur les consoles avec Wonderboy, Ys origin, Pang adventures et Windjammers.

Avec Windjammers ils ont frappés un grand coup et viennent justement titiller notre nostalgie avec ce titre mythique et impitoyable à l’époque. Tout était là pour lâcher de la pièce : Gros son, accessibilité immédiate, une IA solide, un timer radin de 30s … des sessions courtes et intenses, le pied quoi!
Quand DotEmu a annoncé et comme il se doit, car leur comm’ et leur trailers de folies sont géniaux, l’arrivée de Windjammers sur Ps4/Vita, la hype s’est mise en marche !

WindJammers tu dis ?

On a tout entendu, Pong rencontre Street Fighter, le Tennis et le Volley le font sur une table de air hockey… Le jeu est simple, il faut marquer en envoyant un disque dans la zone de but située dans le dos de l’adversaire (ou qu’il laisse le disque toucher le sol et encaisser 2 points). Cette espace est découpé en 3 zones de 3points ou 5 points et le milieu du terrain séparé par un filet. Il y a parfois des bumpers au centre du terrain pour modifier la trajectoire du frisbee. Les matches se jouent en 12 points et il y a un timer.

Windjammers se joue vite avec ses 2 boutons et sa croix directionnelle.
Vous pouvez vous déplacer, dasher, lancer le disque, lui imprimer un effet, un lob, l’amortir pour le faire sauter « toss » et vous disposez de l’incontournable super attaque selon le personnage choisi.
Six personnages et six environnements sont proposés, incarnant chacun un pays et des caractéristiques basées sur la force et la vitesse. Ces persos ont tous une super attaque différente, des dashs plus ou moins longs, des courbes plus ou moins marquées sur les effets…vous l’aurez compris la première subtilité se situe au niveau du choix du personnage. Et ensuite c’est là que la partie géniale du jeu entre en scène, il faut dompter le gameplay !

Gotta Toss em All !

Cette simplicité couplée a l’ADN purement arcade du jeu nous renvoie à un gameplay spontané et engageant, mais dont les subtilités vont s’acquérir à la dure, par l’expérience.

Il faut bien comprendre que tout se joue au mind game, au rythme et au placement. Le tout est d’une frénésie contenue qui se traduit par une punition immédiate en cas de déconcentration ou de « craquage ». On a vite fait de penser à autre chose ou s’énerver et voir les 12 points filer à une vitesse folle.

Renvoyer le disque avec le bon timing se transforme en fast shot, les curves ou les spéciales collées contre les murs sont mortelles et diffèrent selon le personnage. On peut contrôler le rythme soit par le toss, (on peut même dans une petite fenêtre de frame du toss faire un déplacement) soit en retardant son renvoi au détriment de la puissance ou encore en lobant.

Il faut conserver un placement qui vous évite de rentrer dans les cages en cas de super dans le citron et vous permette de ne vous soucier que du haut et du bas finalement. Il faut donc revenir se positionner sans cesse et parfois en anticipant casser cette position défensive par une montée au filet ou un dash diagonale.
Conditionner son adversaire par de fausses habitude, alterner les supers qui seront soit directes, soit en spin ou encore en lob.
Le tout avec la variable irritante des bumpers sur certains stages, autant vous dire que si le jeu est dosé depuis si longtemps c’est qu’avant d’avoir la ‘vista’ il va falloir en manger du sable.

Et la version 2017 alors ?

Cette version a pour vocation d’être ultra fidèle à l’originale. Pour se faire des joueurs pro et bien de chez nous, car la communauté Windjammers France est la meilleure au monde tout simplement (sans être chauvin), ont contribués au jeu.
Le cœur du jeu et le feeling sont donc les mêmes au pixel près, l’habillage autour change un peu. Il y a maintenant des menus HD avec des animations bien marrantes derrière. Vous pouvez choisir les filtres habituels : 4/3 ou 16/9, original/lisse, scanlines ou pas avec effet bombé CRT. Comme vous allez jouer en 4:3 vous aurez droit a un arrière plan reprenant les personnages ou un autre que vous aurez choisi.
Vous pouvez enfin manipuler le timer à votre guise.
Il y a bien sûr une jolie ribambelle de trophées dont le tant convoité Platine.
On retrouve un mode arcade avec un ordi useless jusqu’au mode godlike en difficile… très formateur, un mode infinite, le mode VS local, la possibilité de tester les deux mini-jeux et bien sûr le gros de la version : le mode multijoueurs.
Et cerise sur le gâteau, c’est en cross-play avec la Vita !

Windjammers aux J.O ?

La vocation du jeu reste la compétition et il est impayable de pouvoir affronter des hordes de joueurs ultra tendus avec leur short Platini et leur lunettes Bret Heart sur la tête répartis partout dans le monde. Vous pouvez soit y aller à la casual, genre j’ose pas trop ou bien inviter un ami pour du training intense. Soit vous passez direct en Classé et là c’est sans pitié, pour monter dans les ligues il faut gagner a tout prix. Le système est super basique.
Le jeu s’appuie sur GGPO, vous serez donc dépendant de la qualité de connexion du joueur et la couleur sera vite annoncée par un radar qui passe du vert au rouge selon le ping attendu.
Quand ça lag c’est bien sûr injouable et sur la 50aine de matchs en ligne que j’ai pu faire je n’ai certes pas à me plaindre, mais une bonne optimisation ne ferait pas de mal. J’ai souvent été déconnecté sans raison, ou plus marrant après une demande de revanche qui bug le son se coupait. Lorsque je veux consulter mon classement j’ai un vieil écran bleu une fois sur deux. Gageons que tout cela sera patché et que le suivi sera bien comme promis.

Un point noir ?

Au final on peut regretter la relative sagesse du port. Pourquoi pas un système de ligue et de classement un peu plus profond avec une belle profusion de stats. Le jeu aurait pu traquer le nombre de points marqués en super ou le nombre de toss, les personnages ou les zones de jeux préférées etc… Enfin les stats c’est la vie quoi !
Les matches en ligne se déroulent en 99s, ce qui peut paraitre long pour ce jeu et enlève la stratégie de traitre de jouer la montre…mais c’est un point à débattre.
Le système classé est peut-être aussi un peu sec, et on aurait aimé constituer de vrais salons. Au niveau du solo on fait comme à l’époque très vite le tour du jeu et on aurait apprécié être surpris, mais le prix est tout doux et la vocation n’est pas là, on le sait tous : c’est un jeu de VS pur et dur.

En conclusion, en proposant le online à une telle pépite sous-estimée, ce portage est indispensable tout simplement et on lui souhaite tout le succès possible et imaginable en terme d’Esport car ça ferait du bien d’élargir le paysage compétitif à « des jeux à l’ancienne » comme on dit.
Rendez-vous le 14 et 15 octobre pour le premier tournoi officiel avec 6500$ de dotation lors du SEA Majors 2017 à Singapour !

* HOTFIX: la MAJ 1.03 tombée ce 11 septembre 2017 corrige les défauts de son et d’écrans bleus au classement, ainsi que le matchmaking et l’émulation en général… pas le temps de publier que c’est déjà patché !

Windjammers

Windjammers
84

Graphismes

7/10

    Bande son

    8/10

      Jouabilité

      9/10

        Durée de vie

        9/10

          Interet general

          9/10

            J aime

            • Windjammers enfin online
            • Gameplay simple et efficace...
            • ...Et aussi profond et exigeant
            • Portage excellent

            J aime pas

            • Online capricieux
            • On aurait aimé des stats

            Laisser un commentaire

            Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

            %d blogueurs aiment cette page :